Il est temps d'inventer ce qui se passera après. Après le capitalisme.

C’est officiel : ESS et Medef, même combat !

medefi

L’Udes (Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire) dont fait partie la Confédération générale des Scop signe avec le Medef un communiqué commun pour dénigrer les mouvements sociaux en cours, affirmant que « la surenchère actuelle dépasse le cadre acceptable d’un mouvement de contestation. »

Si vous pensiez encore que l’économie sociale et solidaire représente une alternative à l’hégémonie ultralibérale, il est temps d’ouvrir les yeux ! La propagande entrepreneuriale a fait son œuvre. C’est officiel, les dirigeants associatifs et les gérants des coopératives (je ne parle même pas des entrepreneurs sociaux… ça, c’était déjà clair) sont des patrons comme les autres.

(1) Ça fait quelques années que je suis obligée de corriger notre réviseur coopératif qui parle de  « charges » à chaque fois qu’il est question de cotisations sociales…  et essayez donc de trouver une formation dans l’ESS qui n’est pas centrée sur la management !

Triste démonstration d’isomorphisme institutionnel… il parait que c’est inévitable. Qu’on finit par adopter les normes, les valeurs et les croyances de ceux qu’on côtoie tous les jours. Non contents d’avoir adopté le langage et les méthodes du patronat 1, les représentants de l’économie sociale et solidaire – nos représentants ! – ont donc parachevé leur mue. L’économie sociale, inventée par les ouvriers pour les ouvriers, a fini par se noyer dans le chaudron de potion magique estampillée « ESS ».  Une potion capitaliste destinée à nous faire croire que la lutte des classe et terminée.

Nous ne sommes pas obligés d’avaler ça.

(2) Relire à ce propos, « Pour une économie sociale et solidaire de combat », tribune signée par Emmanuel Antoine (Minga) et Stéphane Veyer (Coopaname) et publiée par Le Monde, le 21 novembre 2013.

Il est temps, pour celles et ceux qui pensent qu’il existe une alternative au capitalisme de faire le tri. Revenir à une économie sociale de combat 2, loin du storytelling consensuel de l’ESS. Demander des comptes à nos représentants. Demander des comptes à nos banquiers (le Crédit coopératif fait également partie des adhérents de l’Udes) et à nos mutuelles (l’Ugem, union des groupements d’employeurs mutualistes fait aussi partie du lot).

(3) Texte sur son blog du Monde diplomatique du 29 mars 2016 : « Nous ne revendiquons rien »

Ou bien… Arrêter tout ça. Ecouter Frédéric Lordon 3: « Nous ne revendiquons rien. Entendez qu’après quelques décennies à faire, vous et vos semblables, la démonstration de vos talents et de votre hauteur de vue, l’idée de négocier quoi que ce soit avec vous nous apparaît absolument sans objet. »

Se remettre debout. Revenir aux sources. Reprendre les mots qu’on nous a volés. Reconstruire notre propre pensée. Réinventer nos propres outils. Recréer nos propres groupements.

Le temps est venu de choisir son camp.

 

 

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