Zinzolin, toute une histoire…

Au départ : l’Atelier Zinzolin, un lieu géré par l’association AMIS (Alternatives malakoffiotes pour l’initiative solidaire) qui a ouvert ses portes en 2012. Une aventure assez inédite, puisqu’il s’agissait de financer un local indépendant, ouvert sur le quartier, grâce à la mutualisation des dépenses et des équipements entre différentes structures de l’économie sociale et solidaire (plusieurs associations et une Scop). L’Atelier Zinzolin a permis la création ou l’essor de plusieurs associations, la création du festival de conférences gesticulées « Octobre bouge ! à Malakoff » (trois éditions), le développement d’activités d’éducation populaire (dont près de 60 éditions du fameux 20/20 : tous les 20 du mois, à 20 heures, un évènement…), a accueilli un collectif d’entraide de chômeurs, des expos, du soutien scolaire, des cours d’alphabétisation, une bricotèque, des cours de dessin, des réunions politiques ou associatives (liste non exhaustive), avant de devenir un havre pour des centaines d’exilé-e-s qui ont eu l’adresse, on ne sait pas très bien comment, parce que là, il paraît qu’il y a des gens pour aider…

En effet, à partir de 2015, quelques familles hébergeant des mineurs étrangers isolés se retrouvent à l’Atelier Zinzolin. On commence à organiser une petite collecte de vêtements, on improvise de cours de français. Petit à petit, cette dernière activité prend le l’ampleur, notamment parce qu’un centre d’hébergement pour des demandeurs d’asile s’ouvre à Malakoff, puis à Clamart. Aux cours de français viennent s’ajouter des permanences d’aide administrative. En 2017 est créée l’association Scarabée qui connaît un essor formidable, à la hauteur de la tradition de solidarité de Malakoff. Ses activités finissent par prendre toute la place à l’Atelier Zinzolin. Les cours se déroulent désormais dans différents locaux prêtés par la municipalité.

En 2019, l’association Scarabée décide de s’installer dans de nouveaux locaux financés par la mairie, notamment pour regrouper l’ensemble de ses activités et pour poursuivre son développement (recherche de financements, embauche, etc.). Parallèlement, quelques militants (dont trois des membres fondateurs de Scarabée), ne se reconnaissent plus dans le fonctionnement de l’association et prennent acte du fait que leurs chemins se séparent, au sens propre comme au figuré. Ils font le choix de la création d’une nouvelle structure (pour le nom, on ne s’est pas trop cassé la tête, c’est Zinzolin). Objectif : poursuivre l’accueil inconditionnel et tenter le pari du maintien du lieu dont le loyer et le fonctionnement est financé, comme par le passé, par le système « RAP » (racket amis et parents – plus sérieusement, il s’agit de dons). La folle aventure se poursuit.

Zinzolin continue à accueillir tous les demandeurs de refuge. Grâce à une poignée de bénévoles et surtout grâce à la participation active des exilés (tour-à-tour traducteurs, cuisiniers, conseillers…) sans lesquels notre activité n’existerait pas. Avec quelques obsessions : l’accueil inconditionnel, le refus de toute posture de domination et une bonne dose de militantisme (si, si…) pour défendre le droit. Avec les demandeurs de refuge et non pas pour eux.
En essayant au mieux et à la mesure de nos moyens, de répondre aux besoins. En vrac : la chasse aux « mouchkils » (problèmes) en tout genre, la rédaction des dossiers de demande d’asile, l’aide administrative pour l’accès aux droits de réfugiés, les réunifications familiales, les recours juridiques, l’accompagnement des familles, la distribution de bouffe, de sacs de couchage, de fringues ou de fournitures scolaires, sans oublier les tentatives, parfois désespérées, de demandes de visa pour des Afghanes et et des Afghans particulièrement en danger depuis la prise de pouvoir par les taliban et aussi la porte ouverte à plein de « garçons perdus » qui trouvent là un lieu pour se poser, siroter une tasse de thé, trouver un mot gentil ou se faire remonter les bretelles…

Zinzolin, quésaco ?

D’après le dictionnaire, il s’agit d’une couleur rouge violacée délicate. Le mot viendrait de l’italien zuzzulino ou encore de l’arabe djoudjolân, « semence de sésame ». Ou bien encore de l’espagnol cinzolino… Bref, tout ce qu’il y a de plus improbable et de métissé – avec une dominante rouge ce qui n’est pas pour nous déplaire…

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